Septembre a une réputation de ligne de départ. Les agendas se remplissent, les listes reviennent, et une impression générale s'installe : quelque chose doit commencer. Nicole Junkerman aborde les premiers jours autrement. Elle y voit moins un redémarrage qu'une arrivée, et une arrivée a le droit d'être lente.
La distinction compte plus qu'il n'y paraît. Un redémarrage suppose que ce qui précédait est terminé et doit être remplacé vite. Une arrivée signifie seulement qu'on se trouve ailleurs et qu'il est raisonnable de regarder autour de soi avant de décider quoi que ce soit. %s constate que la seconde façon de voir donne un mois nettement plus calme, et le plus souvent plus fécond.
Le corps remarque la saison avant que la tête n'y consente. La lumière part plus tôt, les matins sont plus frais, et la journée réclame une forme un peu différente de celle d'août. Plutôt que de passer outre, il vaut la peine de la suivre une semaine et de voir quelle forme elle veut prendre.
Septembre n'est pas une ligne de départ. C'est une arrivée, et les arrivées ont le droit d'être lentes.
Garder la première semaine légère
La tentation est de remplir la première semaine de tout ce qui a été repoussé pendant l'été. Nicole Junkerman fait l'inverse et la garde volontairement mince. Une semaine avec de l'espace absorbe les imprévus qui viennent toujours, et laisse assez d'attention pour distinguer ce qu'il faut vraiment faire de ce qui semble seulement urgent.
Une mesure utile : si la première semaine ne survivrait pas à une seule journée imprévue, elle est trop pleine.
De petites ancres plutôt que de grandes résolutions
Les grandes résolutions prises début septembre survivent rarement jusqu'en octobre. Les petites ancres, si. Nicole Junkerman tient une courte liste de choses qui tiennent une journée, quoi qu'il arrive :
- Quelques minutes de calme avant le premier écran de la journée.
- Une marche qui ne mène nulle part en particulier.
- Une heure fixe où le travail s'arrête, même inachevé.
- Une lecture sans rapport avec le travail.
- Une note brève, le soir, sur ce qui s'est bien passé.
Laisser les soirées changer
Les soirées sont déjà nettement plus courtes et il ne sert à rien de faire semblant du contraire. La nuit plus précoce se vit mieux quand la soirée reçoit une fonction propre au lieu d'être traitée comme un après-midi raccourci.
Nicole Junkerman prend ce changement pour une indication et non pour une perte : lampes allumées plus tôt, repas plus lent, fin de journée plus précoce et moins négociable. La saison retire moins qu'elle ne propose une autre disposition.
Arriver vraiment prend une quinzaine de jours
Il faut en général deux semaines pour se sentir réellement installé dans une saison nouvelle, et le savoir d'avance retire l'essentiel de la frustration. La première semaine paraîtra étrangère. La deuxième ira mieux. Au milieu du mois la forme de l'automne est le plus souvent claire, sans avoir été forcée.
C'est tout l'argument. Nicole Junkerman préfère arriver en septembre correctement et lentement plutôt que le commencer vite et passer octobre à s'en remettre.



